(AP-MC) - Les États-Unis, qui ont oeuvré sans relâche pendant des décennies à mettre des bâtons dans les roues du dictateur cubain Fidel Castro, se sont réjouis, mardi, du départ annoncé du lider maximo.
Le président américain, George W. Bush, a déclaré que ce départ est, selon lui, « une période de transition et cela devrait être un début de transition démocratique pour le peuple cubain ».
Pour l'Espagne, qui avait décidé, malgré les critiques américaines, d'engager l'an dernier un dialogue officiel avec La Havane, le départ de Fidel Castro permettra certainement à son frère, Raul Castro, d'assumer « avec une plus grande capacité, solidité et confiance, son projet de réformes ».
Pékin, deuxième partenaire économique de Cuba, a salué en Fidel Castro un « dirigeant révolutionnaire » et « vieil ami de la Chine ».
Du côté russe, ce sont les communistes qui ont réagi le plus rapidement, le chef du Parti communiste russe Guennadi Ziouganov estimant, mardi, que le leader cubain, un « responsable politique génial qui a hissé haut le drapeau de la liberté », a quitté le pouvoir « dans l'intérêt de son pays et de son peuple ».
La France, elle aussi, a souhaité qu'une « nouvelle voie » puisse s'ouvrir à Cuba après l'annonce du départ du fondateur d'un régime « qui a été un symbole du totalitarisme ».
L'opposition cubaine de Miami, quant à elle, a estimé, comme l'a expliqué un responsable du Conseil cubain de la liberté, que le départ de Castro « ne changerait rien à Cuba ».
Raul Castro lorgne vers la Chine
Les réformes promises par Raul Castro visent essentiellement, s'il faut en croire nombre d'analystes et d'observateurs de la scène politique cubaine, à résoudre les difficultés économiques d'un pays laissé en quasi-banqueroute par des décennies de dictature et d'embargo.
Selon un diplomate européen en poste à Cuba et cité l'an dernier par le quotidien français Libération, « Raul est moins intello, moins politique que son frère. Il est plus proche des réalités et semble vouloir améliorer un tant soit peu l'efficacité du système économique ».
Et pour se faire, il semblerait que Raul Castro s'intéresse de près à l'élaboration de réformes inspirées du modèle chinois, un modèle qui a fait le pari de conjuguer l'ouverture économique - d'où le dialogue espagnol - avec le maintien de la dictature et du totalitarisme.
Une des principales figures de la dissidence cubaine, le fondateur du Parti social-démocrate, Vladimiro Roca, expliquait d'ailleurs à Libération, toujours l'an dernier, que le peuple cubain souhaite avant tout survivre et que « peu lui importe qui est au pouvoir, il veut une amélioration des conditions de vie et la possibilité d'avoir un travail privé ».
Cependant, comme le souligne le diplomate cité précédemment, « la ligne officielle ne va pas changer du jour au lendemain, surtout tant que Fidel vivra et même après sa mort. S'il y a des changements, ils ne seront sûrement pas précipités ».
Même son de cloche, en fait, chez l'ancien président polonais et figure historique de la lutte à la dictature communiste, Lech Walesa, qui déclarait au quotidien Le Monde que « si Castro continue à transmettre le pouvoir à ce rythme, il le passera dans 200 ans ».
Publié par : Marcel Charland
à 08:26:28
Permalien
Comments :
Catégories :